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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 09:23

Mes tout premiers textes. Une réflexion sur la mémoire, l'oubli, le temps qui transforme l'Histoire en légende, l'écologie, les trésors perdus...

 

Soleil COUCHANT

 

 

  • TRESOR PERDU

Les enfants jouaient sur la dune. Un soleil rouge emplissait le ciel pourpre de lumière.

Gé creusait dans le sable pour y enfouir son « trésor », qui se composait d'un petit coffre d'acier rempli de babioles, de bijoux fantaisie, et de quelques pièces de monnaie. Ensuite, avec son ami Selen, ils inventeraient des aventures extraordinaires dont le dénouement serait : « Nous avons trouvé un trésor perdu ! »

Le trou était déjà profond quand la pelle buta sur un obstacle. Quelle belle surprise ! Au lieu d'enterrer un faux trésor, on allait en découvrir un vrai !

Gé appela son ami :

– Viens m'aider, Sély, j'ai trouvé quelque chose !

Les deux enfants entreprirent de dégager l'objet. Après beaucoup d'efforts, ils remontèrent une boîte rectangulaire, étonnament légère, qui avait été ensevelie il y a fort longtemps, semblait-il. Les enfants étaient perplexes : quel objet bizarre ! Quel était ce matériau? Un peu translucide, souple et dur à la fois, ils n'avaient jamais rien vu de tel !

Que faire avec cette boîte?

 

Gé l'examina soigneusement et la secoua. On entendait quelque chose glisser à l'intérieur.

– On devrait la rapporter à la maison et la montrer à mon père, dit Sely, prudent. Mais Gé n'écoutait pas. Il essayait de se rappeler ce matériau extraordinaire, mais non, il en était sûr, il n'avait jamais touché, ni vu, ni senti cela.

– D'ou vient cette boîte, Sely? Regarde, elle n'est ni rouillée, ni ébréchée, comme si le temps ne pouvait l'user. Pourtant, je suis certain qu'elle est très vieille. La dune était très haute ici, avant la Grande Tempête. On ne l'aurait jamais trouvé si le vent n'avait pas tout emporté l'année dernière.

Sely était inquiet.

– C'est dangereux, on ne sait pas ce que c'est, on ne sait pas ce qu'elle contient...Ca vient peut-être d'une autre planète...? Il vaut mieux ne pas y toucher.

 

Mais Gé aimait les aventures intrépides, et cette boîte qui le fascinait en était une.

– Une autre planète? Peut-être... répondit-il. Tu sais, mon père m'a raconté une histoire, un jour : il était une fois, des hommes qui vivaient sur un monde très beau, si riche qu'ils croyaient pouvoir se servir indéfiniment, et un jour, il n'y eût plus rien. Ils avaient tout perdu ! Et ils sont partis à la recherche d'un monde identique, mais jamais ils ne l'ont trouvé.

– C'est vrai? Tu crois que la boîte vient de là?

– Non, c'est une légende! Enfin, je crois...Allez, on l'ouvre! Peut-être qu'elle renferme un vrai trésor perdu...

 

La boîte paraîssait totalement hermétique. Gé la retourna dans tous les sens. Un rayon de soleil rasant fit ressortir une inscription qu'il n'avait pas remarquée auparavant :

« Made in CHINA – 100% plastique »

Quel charabia! Il ne comprenait rien à tout cela! Il sentit une petite aspérité sous ses doigts, comme une sorte de petit « bec ».

Gé le tira, le poussa, le souleva et soudain, la boîte se sépara en deux morceaux.

– Regarde Sely! Il y a un journal à l'intérieur! Un vieux journal daté du... 10 mai 2245 !!!?

 

Une émotion inconnue, indéfinisable, si puissante qu'elle semblait remplir tout l'espace, enfla dans le coeur des garçons. L'image d'une planète bleue, accompagnée d'un unique satellite, perdue dans une immensité noire, faisait la une. Sous la photo, une légende :

« La Terre asphyxiée par le pétrole et ses dérivés plastique! Les populations contraintes d'émigrer vers d'autres mondes! La première vague de colons de l'espace décollera ce soir.

Bon voyage, courageux terriens, ne faites pas les mêmes erreurs et n'oubliez jamais votre planète mère, la Terre! »

 

  • AU DEPART DU SOUVENIR

Le repas était servi : quelques pommes de terre et un peu de fromage plus très frais. C'est tout ce que Jeanne avait trouvé aujourd'hui. Se procurer de la nourriture devenait un parcours du combattant quotidien. Alain, son mari, n'avait rien ramené. Jeanne s'inquiétait surtout pour son fils, Julien, 6 ans. Il avait besoin de viande et de fruits. Il était maigrichon et si pâle!

 

Julien mangeait lentement, il paraissait fatigué. Il regarda sa mère, posa sa fourchette et... perdit connaissance. Ce ne fut qu'un petit malaise, quelques secondes à peine, mais c'en était trop pour Jeanne. Son fils allait de plus en plus mal.

– Alain, qu'est ce qu'on peut faire? Julien n'est pas assez nourri, on manque de tout, ici.

– Je crois qu'on devrait partir, répondit Alain, tenter notre chance ailleurs.

– Tu crois que ce sera mieux ailleurs?

– Regarde autour de toi, Jeanne! On en a déjà parlé. Partons, c'est la seule solution.

– Oui, tu as raison, mais ça fait mal de tout laisser... Tu crois qu'on pourra revenir, un jour?

– Non, jamais, tu le sais. Je peux avoir le prochain départ. Je m'étais déjà renseigné et j'avais postulé. C'est la seule solution. N'attendons plus, partons!

– Bon, soupira Jeanne, partons...

– Le premier vol est prévu dans une semaine, je m'occupe des réservations dès demain.

 

Une semaine plus tard, Jeanne, Alain et Julien étaient prêts. Jeanne avait soigneusement recouvert les meubles de tissu, Alain avait débranché l'électricité, vidé le refrigirateur et le congélateur. La voiture était sous sa bâche, dans le garage. Toutes ces précautions étaient dérisoires et inutiles, mais pourtant indispensables. C'était trop douloureux, sinon! Il fallait camoufler l'abandon sous des allures de départ en vacances pour se donner l'illusion de pouvoir revenir un jour, plus tard, quand les choses iraient mieux. Mais les choses n'iraient pas mieux, au contraire!

On avait utilisé, pillé, gaspillé, pollué sans compter et la Terre devenait aride.

Les animaux mourraient de la pollution chimique, du réchauffement climatique, de la déforestation.

Les végétaux mourraient des pluies acides, des déchets radioactifs, des sols surchargés en pesticides.

Les hommes mourraient de faim, de cancer, de désespoir, de la guerre pour s'accaparer les derniers petits bouts de terre encore viables.

 

Il fallait partir. Le train était là, qui les mènerait jusqu'au terminal. Après, ce serait l'aventure, avec juste deux valises et un peu de nourriture dans une boîte en plastique. Alain acheta le journal du jour.

– Regarde, on parle de nous en première page!

A la une, une photo de la Terre et de la Lune, perdues dans une immensité noire, et une légende :

« La Terre asphyxiée par le pétrole et ses dérivés plastique! Les populations contraintes d'émigrer vers d'autres mondes! La première vague de colons de l'espace décollera ce soir. Bon voyage, courageux terriens, ne faites pas les mêmes erreurs et n'oubliez jamais votre planète mère, la Terre! »

Alain prit son fils dans ses bras.

– Notre dernier jour sur la Terre, Julien! Souviens toi du 10 mai 2245.

 

  • DEVOIR DE MEMOIRE ...

Le 10 mai était une date anniversaire pour les habitants d'Origo. Il y avait dix ans, jour pour jour, les premiers colons avaient quitté la Terre pour s'installer sur cette planète gravitant autour de ce gros soleil rouge nommé Antarès.

Depuis, chaque année, était organisé un grand pique-nique sur la dune. Chacun apportait sa spécialité culinaire et surtout, ses souvenirs. On échangeait des parts de quiches et de gâteaux tout en se remémorant les arbres, le soleil, la mer, les montagnes, les lacs et les rivières, enfin, tout ce que l'on n'avait pas trouvé ici. Certains avaient précieusement gardé quelques reliques, auxquelles on vouait presque un culte.

C'était le cas de la mère de Julien. Fréquemment, elle ressortait d'un placard ses « mémoires du dernier jour ». C'est ainsi qu'elle les appelait, car elle estimait que leurs noms usuels étaient trop triviaux pour des objets destinés au devoir de mémoire.

Julien non plus n'oubliait pas. Leur rituel familial était toujours le même: Jeanne, sa mère emballait des sandwiches dans la vieille boîte en plastique, boîte qui venait de la Terre (ici, il n'y avait pas de plastique) et après le pique-nique, Alain, son père dépliait le vieux journal du 10 mai 2245, acheté le jour de leur départ, pour leur lire l'article traitant des premiers colons de l'espace.

Julien avait été bercé, enveloppé, imprégné par ce deuil impossible et jusqu'à ce jour, le partageait avec ses parents, ce qui donnait à son visage une gravité inhabituelle pour un garçon de seize ans.

 

Un vent léger s'était levé sur la dune. Julien tentait de déployer la nappe du pique-nique avec difficulté.

– Tu veux de l'aide? demanda une voie pétillante.

Julien leva les yeux et sentit qu'il se liquéfiait. Devant lui, la plus jolie des jeunes filles!

– Très taquin le vent aujourd'hui, dit elle , en attrapant la nappe qui volait. Je m'appelle Dénembra. 

La jeune fille lui souriait, la gaîeté dans son regard semblait pulvériser la solennité de cette cérémonie.

– Tu te souviens de la Terre? s'enquit Julien.

– Un peu, mais ma vie est là aujourd'hui. Je suis origienne, pas terrienne. 

– Moi, pas vraiment, dit Julien, je suis plutôt partagé, mais le 10 mai, je me sens vraiment terrien. 

– C'est ridicule, affirma Dénembra, le 10 mai ici ne correspond pas au 10 mai sur la Terre! 

– Comment cela? s'étonna Julien.

– Réfléchis: Tu sais que un jour correspond au temps qu'il faut à la Terre pour tourner sur elle-même, soit vingt- quatre heures, et qu'il lui faut une année pour faire le tour de son soleil. Origo met trente heures en temps terrestre pour accomplir sa rotation et une année et demi, toujours en temps terrestre pour faire le tour d'Antarès! Nous divisons le temps comme sur la Terre, sauf que l'unité de temps a changé, tu comprends? 

– Mais oui, je n'avais jamais pensé à cela! Mais alors, ce pique-nique de la mémoire est absurde? 

– Oui, on ne sait pas quel jour, ni quelle année il est sur Terre! Tout est décalé. 

 

Julien resta songeur. Le vent emportait par moment des pincées de sable, que les rayons d'Antarès teintaient de rouge. Dénembra lui racontait ses projets. Elle s'enthousiasmait , allait vers l'avenir avec confiance et détermination.

Julien comprit alors que lui aussi était origien. Il s'était adapté à cette planète. Les souvenirs de sa vie terrestre se délayaient dans le sable de la dune. Se souvenir, oui, mais dans l'apaisement. La douleur de l'exil s'estompait, la nostalgie se dissolvait dans cette vie si différente.

Sa perception des choses avait changé, il voulait sortir de ce culte morbide. Désormais, il voulait suivre Dénembra vers la vie, bâtir la société nouvelle.

 

Jeannne déballait la nourriture de la vielle boîte en plastique, impeccablement entretenue, et invita Dénembra à partager leur repas. Elle et son mari avaient entendu ses explications au sujet du temps terrestre, ils savaient tout cela, mais n'avaient jamais établi ce lien, peut-être parce que, justement, il rompait... le Lien.

Et peut-être, était-ce ainsi que les choses devaient évoluer...

Alain déplia le vieux journal, regarda la photo de la Terre à la une, ne lut pas l'article sur les premiers colons, le replia et le tendit à son fils :

– Il est à toi, à présent, fais ce qui te semble le mieux. 

 

Le temps du deuil était terminé. Les « mémoires du dernier jour » apparaissaient toxiques et dérisoires à la fois. Plus besoin de ce rituel lourd de chagrin, plus besoin de ces objets ! La légèreté, la joie remplaceraient la gravité et la douleur. La Terre pourrait reculer dans la mémoire et laisser la place à Origo!

 

Le vent avait forci, annonçant la tempête. Julien prit sa décision : cette nuit,la tempête emporterait une vieille boîte en plastique enfermant un journal du 10 mai 2245, date terrestre. Les reliques seraient ensevelies dans le sable, dans l'oubli, et deviendraient les fossiles d'un monde perdu.

 

  • DE L'HISTOIRE... à l'histoire ?

Arthur était un un petit garçon insouciant, gai, plutôt égoïste, et peu soigneux. Il détruisait ses jouets à une vitesse phénoménale, saccageait le jardin de ses parents sans vergogne, et ses jeux l'entraînaient souvent dans celui des voisins. Si bien que le joli quartier résidentiel prit rapidement des allures de fin du monde!

Ses parents décidèrent alors d'envoyer leur fils très loin, dans le désert, ou il n'y avait rien à détruire.

 

La, l'attendait Djonalabat! Djonalabat s'empara d'Arthur et lui dit:

– Tu es à moi, tu m'obéiras désormais.

Le petit garçon perdit instatanément sa joie de vivre.

Djonalabat exigeait toute son attention, le sollicitait sans cesse. L'enfant se fermait au monde, tout entier dévoué au culte de Djonalabat. Car Djonalabat aimait les cérémonies. Un jour, c'était la cérémonie de la soumission : Arthur, agenouillé, promettait de lui rester fidèle pour la vie. Un autre, la cérémonie du regret : Arthur sentait monter en lui un sentiment de perte, définitive, sans retour possible, qui l'emmenait vers le désespoir. Souvent revenait la cérémonie de la douleur : le chagrin alors emplissait les yeux du petit garçon.

 

Les années passaient, les rituels à la gloire de Djonalabat rythmaient la vie d'Arthur. Il avait grandi et était devenu un adolescent grave et triste. Il avait désappris à vivre, perdu l'énergie de sa petite enfance. Djonalabat s'était profondément insinué en lui, Arthur en était complètement aveuglé; les rares initiatives qu'il osait prendre étaient guidées par l'emprise que Djonalabat avait sur lui. Dans ce désert, loin du monde, il a avait rempli sa vie uniquement par Djonalabat. Il ne savait plus rien des autres, il n'avait pas d'ami, il avait Djonalabat! A ses yeux, rien ne pouvait rivaliser avec Djonalabat!

 

Le soir, le jeune garçon aimait à regarder la nuit grignoter la dune, l'obscurité lui apportait un peu d'apaisement. Le ciel passait du pourpre au bleu, le sable aux couleurs changeantes miroitait sous les derniers rayons carmin. Un bel oiseau venu du couchant déchira la nuit de ses ailes blanches. Il plana et tourna au-dessus d'Arthur, puis disparut au dessus de l'horizon. Arthur le suivit des yeux, fasciné. Un bien-être oublié monta alors de son ventre. Une évidence le frappa soudain: il aimait ce pays et voulait y vivre! Y VIVRE VRAIMENT!! Il allait partir à la rencontre du monde, il allait construire sa vie, les projets fusaient, il avait faim, il avait soif, il était à nouveau vivant!

Ce fut une révélation! L'emprise de Djonalabat sur lui, sa soumission qu'il confondait avec l'amour, sa tristesse immense s'envolèrent dans la nuit; la paix, l'espoir, la liberté se mêlaient en lui en un joyeux tintamarre intérieur! Arthur se leva et partit. L'oiseau lui avait indiqué la route.

 

Djonalabat avait reconnu l'oiseau de l'oubli, l'oiseau de la vie. Il avait compris qu'il perdait Arthur. On ne pouvait pas lutter contre l'oiseau...Il recula dans la nuit, patient. D'autres viendraient, il le savait...

 

Beaucoup de spécialistes des légendes se sont intéressés à celle-ci, et surtout à cet énigmatique Djonalabat. Est-ce un animal? A plumes, à poils, à écailles?

Est-ce un elfe, un lutin, un mauvais génie?

Est-ce un tyran, un roi?

D'ou vient-il, qui est-il?

Certains éthymologistes y voient seulement la contraction de deux mots: journal, boîte...?

 

  • ORIGINE

Gaia était découragée. Jeune diplômée de langues anciennes, elle travaillait depuis six mois à la section Histoire du ministère. Sa mission était d'établir les liens entre légendes et histoire. Depuis son recrutement, elle étudiait la légende « Djonalabat ».

C'était une histoire peu connue, assez obscure. Très peu de références autour de ce texte. Quelques éthymologistes avaient émis l'hypothèse que Djonalabat était la contraction de deux mots : journal et boîte, ce qui, loin de l'éclairer, lui rendait les choses encore plus ténébreuses. Elle avait lu une quantité de documents historiques, des centaines de légendes, des contes, écouté des vieilles chansons, mais rien ne lui apportait le commencement d'un début d'explication. Elle arrivait à saturation et réfléchissait à une diversion salutaire lorsque le téléphone sonna:

– Bonjour ma chérie, commnent vas tu? 

– Papy! Tu tombes à pic! 

– Ah bon? 

– J'avais besoin de lever le nez de mon boulot, je ne m'en sors pas, parler un moment avec toi est la meilleure chose qui pouvait m'arriver! 

– Je vois...Viens dîner ce soir, tu me raconteras ce qui te tracasse. 

 

Gaia adorait son grand-père. Il connaissait une multitude de contes, mais peut-être pas Djonalabat. Ce soir, c'est elle qui lui raconterait une histoire, blottie sur le canapé de la maison familiale. Papy lui avait préparé son plat favori et débouché une bonne bouteille. Après le repas, Gaia lui parla de la légende. Le grand-père réflechissait. Quelque chose l'avait interpellé dans le récit de Gaia.

– Je sais! s'écria t-il, ma grand-mère m'avait parlé d'une boîte trouvée par un de ses aieux. Peut-être est-elle encore là. Montons au grenier. 

Le grenier était vraiment très encombré. Tout le bric-à brac de plusieurs générations s'entassait là. Gaia repéra un vieux coffre en acier, complètement rouillé, l'ouvrit et y trouva une drôle de boîte, d'un matériau... indéfinissable. A l'intérieur... un journal! Une certitude l'envahit : elle avait trouvé Djonalabat!! La légende rejoignait l'histoire.

 

Le journal jauni tombait en poussière. L'encre avait pâli, des pans entiers de texte avaient disparu. Gaia le déplia avec précaution. Elle devinait difficilement l'image d'une planète. Les mots étaient partiellement éffacés, ne restaient que quelques lettres: Ter astic migre

Bien énigmatique message venu du passé! Les autres pages seraient elles plus explicites? Un article en page quatre était un peu plus lisible. L'écriture était archaïque, mais Gaia avait de solides notions de langues anciennes. Elle déchiffra plus ou moins les bribes du texte, mit les mots bout à bout pour leur donner un sens. Après quelques essais, elle arrivait à : Terre pollué émigrer espace humanité.

 

Terre! Mais oui! On ne parlait que de cette planète depuis quelques temps. Une sonde inconnue avait rendu visite à Origo, elle ne transportait qu'un disque d'or, gravé de sons divers, de musiques étranges, disait venir d'une planète nommée Terre, du moins dans une des nombreuses langues parlées sur ce disque, donnait ses coordonnées et même l'année de son départ, 1977, d'après les expertises faites. Les scientifiques étaient d'ailleurs très étonnés de trouver un vocabulaire et une écriture si proche de celle d'Origo, et se demandaient à quoi pouvaient bien ressembler les habitants de cette lointaine planète.

 

Gaia eut un vertige. Une idée folle s'imposa. Vite, la date du journal! Pourvu qu'elle soit encore lisible... 2245! Mais alors... mais non... pas possible... Son cerveau travaillait à toute allure, des suppositions farfelues jaillissaient de son esprit. Ce qu'elle pressentait la bouleversait. Tout se mettait en place, elle comprenait le sens de Djonalabat. C'était la seule explication et pourtant elle lui paraissait irréelle.

Le journal et la boîte avaient été apportés par des hommes qui fuyaient la Terre sans doute trop polluée, si les quelques mots qu'elle avait traduits étaient corrects. Ces hommes avaient choisi Origo pour commencer une vie nouvelle.

 

Et le disque d'or était venu raconter la Terre aux descendants des Terriens!

 

 

 

Albiréo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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