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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 06:45
Les Très Riches Heures du duc de Berry. Avril

Les Très Riches Heures du duc de Berry. Avril

Suite au résultat des élections municipales, vu la dette et la crise, le gouvernement décide un remaniement général, y compris du calendrier. Nous revenons au calendrier républicain avec l'abolition de Pâques et de son lundi férié. Exit avril, nous sommes en germinal !

À Nice, cette décision a provoqué une houle protestataire des Anges de la Baie sous la houlette de l'abbé Désanges, immédiatement suivie d'une manifestation de poissons-volants d'avril. Par solidarité, je mets ma licence poétique au service du mouvement en publiant ici des revendications qui, bien que conservatrices fleurs bleues, ont gardé leur fraîcheur d'avril. Voici donc une poésie calendaire du bon vieux temps.

 

 

AVRIL

 

Son premier jour hilare arrive comme une farce

En frétillants poissons gigotant dans le dos.

De la cour de l'école à la Une des journaux,

Des attrape-nigauds Avril est le comparse.

 

L'origine est obscure ; peut-être ichtus chrétien,

Ou Poissons du zodiaque, dernier signe de l'hiver,

Tradition de pêcheurs respectant les frayères,

Ou bien, vestige du calendrier julien.

 

Le poisson, aliment des carêmes séculaires

Vers la Sainte Semaine, les Rameaux triomphants,

Guide fervents fidèles depuis l'aube des temps.

Promesse de la vie, promesse de lumière.

 

Et Pâques arrive alors, Christ est ressuscité.

Les cloches carillonnent, voyagent depuis Rome,

Saupoudrent en passant une volée d'arômes...

Les œufs en chocolat se sont éparpillés.

 

Les œufs en chocolat se sont éparpillés

Dans les jardins fleuris, parmi les pâquerettes.

Cocottes et lapins font partie de la fête ;

Enfants se dispersent en allégresse sucrée.

 

La chasse aux œufs de Pâques... La grisante journée !

Sous le soleil d'avril, les insectes butinent,

Le printemps retentit des ses trilles mutines.

Résurrection, c'est vrai. Nature est éveillée.

 

Nature est éveillée, pétales et pistils

Pétillent de couleurs dans la fraîcheur de l'air.

Transparence trompeuse de la claire atmosphère...

Car en avril, ne te découvre pas d'un fil !

 

 

 

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 16:00
Golconde de Magritte

Golconde de Magritte

LES HOMMES-GOUTTES

 

Les gouttes de pluie dégringolent

Se ressemblent comme deux gouttes d'eau.

Les hommes de la Terre s'envolent,

Se rassemblent, les hommes en chapeau.

 

Chapeau-melon, pardessus sombre,

Ils se dispersent de bas en haut.

Personne ne peut sortir de l'ombre.

Ils se fondent en un seul troupeau.

 

Sur le tableau les hommes-gouttes

Pleurent en larmes noires de doute

Sur le deuil de l'identité.

 

Comme la pluie, ils sont semblables,

Gouttes grises, grains de sable,

Masse compacte d'humanité.

 

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 15:56
"Le vieux" de Chistian Bizieau

"Le vieux" de Chistian Bizieau

LE VIEUX

 

Elles sont trois sur le banc,

Trois vieilles dames alertes ;

Elles racontent les choses perdues dans le passé.

Et le vieil homme écoute.

 

Chuchotant les secrets enfouis,

Elles hochent parfois la tête ;

Bavardage ténu sur un souffle de vie.

Et le vieil homme soupire.

 

Des ragots aux recettes,

Elles épluchent le présent,

S'attachent aux petits riens.

Et le vieil homme s'endort.

 

Elles attendent le soir,

L'heure de chauffer la soupe,

Se diront au revoir.

Et le vieil homme repart.

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 09:03

Un poème en triolet :


Un triolet est un poème à forme fixe composé de huit vers sur deux rimes et dans lequel les premier, quatrième et septième vers, ainsi que les deuxième et huitième vers, sont identiques. Le mètre d'un triolet est généralement octosyllabique. Il peut être composé de deux quatrains ou bien d'un seul tenant, formant un huitain que l'on appelle alors triolet continu. (wikipédia)

L'OUBLI

 

L'OUBLI

Le sable, comme une eau grise,

Gouttes minérales d'oubli,

Engloutit les bonheurs enfuis.

Le sable, comme une eau grise...

Quand le temps se volatilise,

Les amours sont ensevelis.

Le sable, comme une eau grise,

Gouttes minérales d'oubli.

 

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 08:41
TANKA DU PRINTEMPS

 

Brumes opaques

Sur les lointains engloutis

En nappes blanches

Estompent dans mon âme

Les chagrins nostalgiques.

 

Doux soleil de mars

Dans l'azur implacable

Irise les prés.

La lumière réchauffe

Les langueurs de mon être.

 

Cascade de pluie

Tourbillonne en claquettes

Sur le trottoir mouillé.

La chanson nostalgique

Berce mes beaux souvenirs.

 

Là, une hirondelle

Découpe de ses ailes

Le vent transparent.

La promesse du printemps

Me remplit d'allégresse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by ALBIREO - dans Recueil de HAÏKUS
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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 07:37
Les Très Riches Heures du duc de Berry. Mars

Les Très Riches Heures du duc de Berry. Mars

 

 

 

Mars, le mois du printemps, le mois des fous...

MARS

 

Mars, conquérant joyeux, proclame sa victoire

Par des prés verts fleuris et des arbres en bourgeons.

Tel le dieu de la guerre dont il porte le nom,

Il poursuit sa conquête malgré quelques déboires.

Sur sa route, parfois, se dressent un obstacle,

Une ou deux giboulées, une gelée fugace.

Mais le mois souverain en efface la trace

Et soumet le printemps, même lorsqu'il renâcle.

Et la planète rouge, là, au firmament,

Inonde de son sang les cieux noirs de la Terre.

De l'époque romaine, la mémoire guerrière

Perdure au fil des siècles en ce mois de printemps.

Dix-neuf mars, Saint Joseph, patron des menuisiers,

Tradition séculaire pour les hommes de foi

Qui rabotent, vernissent, travaillent le bois ;

Le Saint est célébré, c'est fête à l'atelier.

Un beau jour, une nuit, en éternel partage,

Division équitable, l'équinoxe surgit.

Le temps de la lumière et celui de la nuit

En douze heures chacun annoncent le message :

Printemps est arrivé ! Carillonnez clochettes !

La journée qui s'allonge emplit l'air de douceur,

Mars libère ses folies, exulte ses grandeurs,

C'est le vent des « fadas » qui souffle dans la tête.

Bourrasque de la vie déchaîne un bel émoi.

Les flèches de Cupidon sur leur trait de velours

S'éparpillent pendant la saison des amours.

Et le lièvre de Mars jaillit à travers mois.

 

 

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 15:53
"D" Dérives & Divagations

"D" Dérives & Divagations

 

Un modeste recueil de "D" comme...

 

DIVAGATIONS, DÉRIVE, DOUTE, DOULEUR, DÉSESPÉRANCE...

 

Son univers douloureusement nostalgique se désagrège jusqu'au délire d'une impossible mort.

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 15:34
DOUTE

Ton silence s'insinue dans les vallées obscures

Où je me suis perdue à vouloir te chercher,

Où mon âme fatiguée, où mon cœur asséché

Ne trouvent plus la force de panser mes blessures.

 

Là, je me suis assise en bordure du chemin

À regarder passer tous les torrents de vie.

Allégresse d'antan aujourd'hui s'est enfuie,

Seras-tu de retour si je reviens demain ?

 

Attendrai-je longtemps un murmure de toi,

Un signe, un appel, une trace fugace ?

Enveloppé d'absence, mon bel amour se lasse.

Le doute l'assassine, lui arrache sa foi.

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 15:39
DOULEUR

Ce n'est qu'un souvenir posé au coin de l'âme,

Si léger, une plume, qui chatouille parfois,

Qui cherche à s'échapper, qui cherche un sésame,

Qui voudrait s'infiltrer et se répandre en moi.

 

Ce n'est qu'un souvenir qui pique comme une aiguille,

Douleur en pointillé, là, tout autour du cœur,

Il essaie de m'atteindre avec ses banderilles,

Il essaie, insidieux, de ravir mon bonheur.

 

Ce n'est qu'un souvenir qui ne veut pas mourir,

Oublié quelque part au fond de la mémoire,

Il se rappelle à moi, expire dans un soupir

Et renaît à nouveau dès que revient le soir.

 

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 10:06
DÉRIVE

DÉRIVE

 

 

 

Ciel blanc enveloppant de tes brumes opaques

Les lointains engloutis, les monts évanouis,

Tu pèses, lourd manteau, sur la ville endormie,

Teintes d'un reflet gris les miroirs d'eau des flaques.

 

Brouillard évanescent, paysage brouillé.

Chevelure de pluie dégouline dans les rues

En cascade d'argent. Et sur mon âme nue

Une étrange langueur flotte, me fait tanguer.

 

Roulis de pensées floues, d'amours inachevés,

Aux rives de ma vie reviennent s'écraser,

Meurent éparpillés en doux flocons d'écume.

 

Mes chagrins, mes douceurs, ivres de nostalgie,

Chancellent, se mêlent aux larmes de la pluie,

Et mon regard mouillé se dilue dans les brumes.

 

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