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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 21:51

Lors d'un atelier d'écriture...

 

*********

"Le ciel était gris et menaçant.
Il commença à pleuvoir.
Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
Nul doute, le ciel lui adressait un m
essage !"

Le ciel ! Quelle idée saugrenue. Elle ne croyait ni à Dieu ni au Diable. C'est une coïncidence, se dit-elle. Qu'est ce qui me prend d'imaginer des trucs pareils… C'est quoi ces lettres ? « f.. a... » fa ? La musique ? La pluie fait des claquettes♫… Elle alluma le radio ; la musique lui parvenait par bribes. Le mauvais temps brouillait sans doute les ondes…

La pluie redoublait. Sur le pare-brise, une autre lettre dégoulina : « i. »

Décidément, c'est bien curieux… Un malaise étrange s'insinuait. Récapitulons : « f – a – i » ; on s'éloigne de la musique. Un message, vraiment ? Un éclair zébra le ciel, projetant un s sur la vitre. Là, plus de doute, la pluie lui écrivait : « fais ». Fais… fais quoi ? Bon, restons concentrée, ce n'est pas le moment de perdre le contrôle. La voiture, secouée par les bourrasques, faisait des embardées. Il lui tardait d'arriver chez elle, de se blottir sur son canapé avec une boisson chaude. Elle imaginait les délices d'un chocolat crémeux quand une autre lettre, fusant sous le vent furieux, traversa le pare-brise : « g ».

Elle eut peur. Mais où es-tu, toi qui me harcèles ? Que veux-tu ? Le tonnerre lui répondit, fracassant un « a » entre les essuies-glaces. La jeune femme, paniquée, accéléra. La pluie crépita comme le clavier d'une machine à écrire ; un « f » tomba, puis un deuxième presque simultanément.

« Fais gaff » ? Fais gaffe, c'est ça ; fais gaffe à quoi ? Je le sais qu'il faut faire gaffe quand on roule sous la pluie. Sous le soleil aussi, d'ailleurs. Et si tu m'envoyais du soleil au lieu de cette tempête ?

Le vent se calma d'un coup. L'avait-on entendu ? Les gouttes s'espacèrent, un semblant de clarté voulait percer les nuages. La jeune femme soupira de soulagement. Suspendu à une goutte légère, un « e » vint se poser délicatement. Si joli… toute la poésie du monde devant les yeux. Elle le contempla une secondes de trop. Quand elle regarda à nouveau la route, le platane fonçait sur elle à toute allure, stoppant net l'auto dans uns fracas épouvantable.

– Ce n'est pas faute de t'avoir prévenue, pleura la pluie.

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Published by ALBIREO
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