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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 18:47

Un samedi d'août chauffé de soleil blanc, de ciel bleu implacable, la vieille maison d’Hélène nous accueille. Discrète, elle se cache au fond d'une cour sombre, quelque part dans le village de Roquesteron. Derrière ses murs épais, la cuisine emprisonne la fraîcheur, la restitue en bien-être. Une porte fenêtre s'ouvre sur la petite terrasse ombragée de vigne-framboise. L'odeur sucrée du raisin trop mûr chatouille la langue tandis que regard se perd sur les montagnes rondes habillées de forêts.

 

Dans la fenêtre

La forêt rejoint la vigne.

Miam ! La grappe mûre.

 

Dans le silence, juste les voix de mes amies qui s'affairent au repas, le bourdonnement d'un insecte. Quelques bruissements courent dans les feuilles de vignes. La chaleur assoupit le monde, la douce tranquillité restaure la vie. Sur la terrasse, le soleil s'infiltre à travers les feuillages. La table rouge, la chaise de paille, ma chienne tentent de lui échapper.

 

L'ombre de la vigne

Danse sur la table rouge.

Quiétude d'été.

 

Midi nous réunit pour un repas au champagne. Échanges, partages amitié nous rassasient autant que la pissaladière, le gratin de Véro, les charcuteries, et la tourte de blettes. Nourries jusqu'au fond de l'âme, nous prolongeons le béatitude par une sieste somptueuse. Dans la chambre aux murs blancs, les persiennes entrouvertes trient les rayons de soleil ; la pénombre claire distille une sérénité heureuse.

 

Contre le mur blanc

Meubles sombres, grand lit sobre.

Douceur de la sieste.

 

L'après-midi, c'est la rivière turquoise qui nous invite à partager son lit. L'eau rafraîchissante coule, bienfaisante, sur le pelage de ma chienne, sur les pieds de Véro, d'Hélène ; elle court sur les pierres, entre les rochers. Là, une laune profonde ; les maillots de bain sortent des sacs pour la baignade. Le froid mord les chevilles, le ventre se contracte, une grande respiration... immersion ! Détente immédiate dans le courant vif, plaisir de nager en compagnie de mon adorable toutou.

 

Dans la rivière

L'eau court sur les pierres blanches.

Nos pieds et pattes mouillés.

 

L'après-midi s'étire, le soleil tiédit. Il faut partir. Il flotte comme un regret sur l'Estéron limpide. La rivière le charrie dans ses remous, le noie dans le regard de la chienne Lucy...

 

L'eau de la rivière

Emporte les souvenirs.

Lucy les regarde.

 

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Published by ALBIREO - dans haïbun
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commentaires

Cendrine 10/09/2015 12:21

J'ai oublié: des caresses pour Miss Lucy!

Albiréo 11/09/2015 09:07

Merci Cendrine, je m'essaie au haïbun, c'est amusant...

Cendrine 10/09/2015 12:21

Les saveurs de ton écriture me happent et m'emportent vers cette maison du bonheur où la gourmandise et le partage sont en résonance. Un texte magnifique, merci Albiréo, grosses bises et mes chaleureuses pensées... Cendrine

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